Récupération de chaleur sur groupe froid : technologies et prime CEE

Les groupes froids industriels comptent parmi les plus importants gisements de chaleur fatale. Un groupe froid typique rejette entre 20 et 40 % de son énergie consommée sous forme de chaleur disponible au condenseur. Cette chaleur, dissipée dans l’air ou dans des tours de refroidissement, peut être valorisée efficacement.

Pourquoi les groupes froids sont-ils un gisement prioritaire ?

Un groupe froid produit du froid par compression et évaporation d’un fluide frigorigène. Le condenseur rejette la chaleur absorbée par l’évaporateur, plus l’énergie apportée par le compresseur. Pour 100 kW de froid produit, un groupe froid moderne rejette typiquement 130 à 150 kW de chaleur au condenseur.

Cette chaleur est disponible à des températures de 35 à 55 °C pour les groupes froids standards, et jusqu’à 80 °C pour les pompes à chaleur haute température. Ces niveaux thermiques permettent de nombreuses valorisations : eau chaude sanitaire, chauffage de locaux, préchauffage d’eau de process.

Les secteurs les plus concernés sont l’agroalimentaire, la grande distribution, les data centers, les hôtels et les piscines. Tout exploitant d’une installation frigorifique industrielle a intérêt à évaluer ce potentiel.

Technologies de récupération adaptées aux groupes froids

Récupération sur condenseur à air

La récupération sur condenseur à air est la solution la plus simple. Un échangeur est installé en série ou en by-pass sur le condenseur existant. Il capte la chaleur avant qu’elle ne soit dissipée dans l’air ambiant.

Cette technologie convient aux groupes froids avec condenseur à air de puissance moyenne (50 à 500 kW). Le coefficient de performance global de l’installation s’améliore significativement. Le retour sur investissement est généralement atteint en 2 à 4 ans.

Récupération sur condenseur à eau

Les groupes froids à condenseur à eau offrent le meilleur potentiel de récupération. La chaleur est disponible dans un circuit d’eau fermé, ce qui facilite le transfert thermique vers un usage productif. Un simple échangeur à plaques connecté au circuit de condensation suffit.

La chaleur récupérée peut alimenter un réseau de chauffage basse température, préchauffer de l’eau de process ou alimenter un système d’absorption frigorifique. La fiche CEE IND-BA-110 s’applique à ce type d’opération pour les réseaux hydrauliques calorifugés.

Freecooling et récupération combinée

Le freecooling permet de refroidir naturellement l’eau de condensation lorsque la température extérieure est suffisamment basse. En combinant freecooling et récupération de chaleur, on optimise à la fois la production de froid et la valorisation thermique tout au long de l’année.

Une centrale de traitement d’air (CTA) avec récupération sur condenseur constitue un système complet : les calories extraites du groupe froid préchauffent l’air neuf injecté dans les locaux. Ce schéma est particulièrement efficace dans les industries agroalimentaires avec chambres froides.

Éligibilité CEE pour la récupération sur groupe froid

Plusieurs fiches CEE sont applicables aux projets de récupération sur groupes froids :

Fiche CEEOpérationSecteur
IND-BA-110Isolation des réseaux hydrauliquesIndustrie
IND-UT-102Récupération de chaleur fataleIndustrie
AGRI-EQ-104Récupération condenseur froidAgriculture

Le montant de la prime CEE dépend de la fiche applicable, de la puissance récupérée et du cours des kWh cumac au moment du dossier. Sur le marché de la 6e période, chaque MWh cumac se négocie entre 7,5 et 9 €.

La prime est calculée sur les kWh cumac économisés, c’est-à-dire les économies d’énergie cumulées et actualisées sur la durée de vie conventionnelle de l’équipement.

Démarche pour lancer votre projet

Un audit thermique préliminaire est la première étape. Il identifie les gisements disponibles, quantifie les puissances récupérables et évalue les usages possibles. Cette étude est gratuite avec Calorvia.

La constitution du dossier CEE doit impérativement précéder le début des travaux. Condition impérative : la convention avec le délégataire ou l’obligé doit précéder le lancement du chantier.

Pour aller plus loin, consultez notre guide sur les sources de chaleur fatale et notre diagnostic chaleur fatale.


Sources : Agence de la transition écologique — ADEME, Ministère de la Transition écologique

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